Contribution de Macadevi à l'enquête publique
Plan Climat Air Énergie Territorial Métropole de Lyon PCAET le 16/1/26
PCAET Fiche action 22 : poursuivre le développement de la production de chaleur et de froid renouvelable
S'il y a un point à retenir actuellement pour le bois énergie et en cohérence son déclassement des énergies renouvelables dites ENR&R, c'est celui-ci pour synthétiser:
Nous avons maintenant
dépassé le seuil de régénération du bois en forêt par un
prélèvement au-delà de ce que la forêt peut produire en
conservant son stock de CO2.
Le taux de C02 émis lors de la
combustion du bois en chaufferie bois n'est plus celui de l'ADEME qui
sert de référence aux collectivités et gestionnaire chaufferie
bois, mais celui de la formule chimique de combustion du bois qui est
environ 10 fois supérieur.
En clair, l'augmentation du bois énergie pour atteindre l'objectif de réduction d'émission de C02 coûtera cher et aura l'effet contraire.
Cet avis se base sur l'examen de différentes sources contradictoires à l'ADEME: rapport forêt filière bois 2023 de l'Académie des Sciences, de l'association Canopée, de l'association AGUPE Comité d'Intérêt Local (CIL) au sein de l'UCIL (Union des CIL) dont fait partie Macadevi, et de l'Agence Nationale de l'Environnement Allemande, puis de sa confrontation à différentes personnes.
Explication:
Le taux de C02 émis lors de la combustion du bois
en chaufferie bois est d'environ 30g pour l'ADEME (servant de
référence aux collectivités pour leur politique énergétique) et
d'environ 10 fois plus selon la formule chimique de combustion du
bois! La différence provient que l'ADEME considère que le bois
brûlé est régénéré immédiatement en forêt. Ce principe peut
presque se justifier avec les chutes de bois lors du traitement des
bois d’œuvre et d'industrie arrivés à peu près à maturité ou
le bois mort qui se décompose en émettant la même quantité de CO2
que brûlé. Mais pour répondre maintenant
et à fortiori à l'avenir au volume nécessaire à l'alimentation
des chaufferies bois, il faut en plus couper
des bois assez jeunes et réaliser des coupes rases de forêts dites
"pauvres", c'est à dire souvent de divers
feuillus avec une bonne biodiversité, parce que ne répondant pas à
la demande de la filière bois composé essentiellement de résineux.
On les remplace alors par des plantations de résineux en monoculture
qui mettront au moins 40 ans à capter la même quantité de CO2 que
celle émises par les arbres brûlés. Bref c'est du saccage! Et on
émet ainsi 2 fois plus de CO2 que la combustion du gaz.
Voir vidéo de démonstration et pédagogique de coupe rase et
leur utilisation par la filière bois sur le site de
Canopée https://www.canopee.ong/campagnes/encadrer-les-bioenergies/
vidéo "brûler la forêt pour sauver le climat?"
enquête EP3, durée 20mn
"Mais saviez-vous que 50% des énergies renouvelables consommées en Europe étaient, en réalité, de la biomasse ? En clair : du vivant issu de nos forêts ou de nos champs."
Le reste, émission particules fines, émission C02 lors du transport du bois sur 150km, etc... n'est pas négligeable mais vraiment secondaire à mon avis, un rapport de 1 à 4 à mon avis par rapport au saccage des forêts et leur biodiversité qui met des décennies, souvent plus de cent ans pour nous procurer à nouveau le service d'origine: nous permettre de vivre sur terre dans les meilleures conditions de santé, et au moins soutenables.
La filière bois par son lobby et ses intérêts de développement de son CA immédiat ne serait-elle à l'origine de ces orientations de croissance des prélèvements en forêt au détriment de la pérennité de la forêt et des émissions de CO2, par manipulation des données utilisées par des organismes publiques comme l'ADEME ?
En Allemagne, l'agence nationale de l'environnement (UBA de mémoire) voudrait retirer le bois énergie des ENR&R, ce qui irrite beaucoup la filière bois.
Si nous voulons pour des raisons stratégiques compréhensible pour libérer de notre dépendance au gaz, il serait possible de développer les chaufferies bois/gaz mais en inversant le mode d'utilisation normal/secours : normal au gaz, secours au gaz. Puis au fur et à mesure du développement d'autres technologies, remplacer la chaufferie gaz par exemple par de la géothermie au cas par cas suivant les conditions locales plus favorables (nappes phréatiques,...),... en conservant le réseau de chaleur existant, comme on remplace une chaudière individuelle. La fausse manœuvre serait moindre. Le mieux serait d'installer directement ces nouvelles technologies comme à l'aéroport de Roissy,...